[article] in Art Press > 357 (Juin 2009) . - p.54 Titre : | Steve McQueen : Un cinéma qui dure et endure | Type de document : | texte imprimé | Auteurs : | Élisabeth Lebovici, Auteur | Année de publication : | 2009 | Article en page(s) : | p.54 | Langues : | Anglais (eng) Français (fre) | Mots-clés : | biennale de Venise 2009 cinéma | Index. décimale : | PER périodiques | Note de contenu : | Le cinéma de Steve McQueen, qu’il s’agisse de ses courts-métrages ou des films en boucle de ses installations, ou encore de Hunger (2008), son premier long-métrage implacable et magnifique, est un cinéma d’endurance et jamais de performance. Endurance, au sens médical, physique, sportif du terme où il s’agit de maintenir un effort sur une longue distance, de résister à la fatigue, de travailler le corps, les muscles dans leurs fibres, sans forcément gagner, sans amener la tension à résilience. Endurance, aussi, au sens de patience, au sens où ça dure et ça s’endure. Et si ça dure, cela veut dire que l’enjeu est de se maintenir : une durée durcie, si l’on veut encore jouer sur les mots. Dans cette durée, c’est le corps qui endure, qui résiste à l’occultation, à l’obturation, comme l’œil de Charlotte Rampling, dans Charlotte (2004) : un film de cinq minutes environ, où le doigt de l’artiste s’approche, tripote la paupière et tente de rentrer en contact avec l’iris de l’actrice, dans la tension et l’attention d’un très gros plan.
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[article] Steve McQueen : Un cinéma qui dure et endure [texte imprimé] / Élisabeth Lebovici, Auteur . - 2009 . - p.54. Langues : Anglais ( eng) Français ( fre) in Art Press > 357 (Juin 2009) . - p.54 Mots-clés : | biennale de Venise 2009 cinéma | Index. décimale : | PER périodiques | Note de contenu : | Le cinéma de Steve McQueen, qu’il s’agisse de ses courts-métrages ou des films en boucle de ses installations, ou encore de Hunger (2008), son premier long-métrage implacable et magnifique, est un cinéma d’endurance et jamais de performance. Endurance, au sens médical, physique, sportif du terme où il s’agit de maintenir un effort sur une longue distance, de résister à la fatigue, de travailler le corps, les muscles dans leurs fibres, sans forcément gagner, sans amener la tension à résilience. Endurance, aussi, au sens de patience, au sens où ça dure et ça s’endure. Et si ça dure, cela veut dire que l’enjeu est de se maintenir : une durée durcie, si l’on veut encore jouer sur les mots. Dans cette durée, c’est le corps qui endure, qui résiste à l’occultation, à l’obturation, comme l’œil de Charlotte Rampling, dans Charlotte (2004) : un film de cinq minutes environ, où le doigt de l’artiste s’approche, tripote la paupière et tente de rentrer en contact avec l’iris de l’actrice, dans la tension et l’attention d’un très gros plan.
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